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vendredi 6 février 2015

Mois de février avec thématique Manga à l'auditorium du musée Guimet.

Ce mois de février, l'auditorium du musée Guimet, musée des arts asiatique de Paris, fera un cycle manga.

Ayant eu l'info assez tard, quelques films sont déjà passé, mais seront projeté, le 6 février, "Summer Wars" de Mamoru Osoda vostfr, le 9 février à 12h15, "La traversée du temps" de Mamoru Osoda à 12h15 vostfr, le 19 février "Le château de Cagliostro" de Hayao Miyasaki à 15h  (film rare au cinéma), le 25 février "Ame et Yuki les enfants loups" de Mamoru Osoda à 12h15 vostfr, le 25 février "Lettre à Momo" de Hiroyuki Okiura à 15h, le 27 février "Millennium actress" de Satoshi Kon à 15h.

Bon je ne comprends pas trop les horaires choisis qui ne facilite pas les choses pour aller voir ces films, mais les mangas étant sous diffusés au cinéma à leur sortie, c'est l'occasion de les voir, ou les revoir, sur grand écran.

Pour les infos pratiques c'est ici:

http://www.guimet.fr/fr/auditorium/cinema/cat.listevents/2015/02/06/-

samedi 20 décembre 2014

Expo Harry Potter à Paris en avril 2015

L'expo des costumes, objets, accessoires et décors qui tourne depuis 2009 va faire escale à Paris en avril à la cité du cinéma (là ou il y a eu l'excellente expo Star Wars), à St Denis, et jusqu'en septembre 2015.
Les tarifs et horaires sont sensiblement les même que pour celle de Star Wars. Comptez une vingtaine d'euros pour un entrée en plein tarif, et une quinzaine pour une entrée enfant.
Pour tout les renseignements pratique, c'est ici :

http://www.journaldugeek.com/2014/12/19/harry-potter-exposition/

dimanche 14 décembre 2014

Bakemono no ko

 Ça se confirme noël approche, lors d'une conférence de presse à Tokyo Mamoru Hosoda, connu pour ces précédent films, La traversée du temps, Summer wars et Ame et Yuki les enfants loups a annoncé le titre de son prochain film, Bakemono no ko (The Boy and the Beast, pour le titre international).

Sortie prévue au Japon le 11 juillet 2015.

Pour son dernier film, Les enfants loups, le cinéma multiplex UGC du forum des halle avait organisé une avant-première en présence du réalisateur, avec distribution de goodies s'il vous plait.
Mamoru hosoda avait longuement répondus au questions des fans présent, et tout cela en pleine fête du cinéma, donc à prix modique.

Mais c'est la société Gaumont qui a été choisie pour la distribution  du film à l'international a surveiller donc pour la prochaine fête du cinéma, la sortie du film en étant proche.

Il y a un site officiel du film ou l'on peut y voir un premier court trailer, et c'est ici :

http://www.bakemono-no-ko.jp/index.html

Petite précision, ame & Yuki, les enfants loups, passera sur la chaine Arte (qui diffuse en HD 720p) le merdredi 17/12/2014 à 20h50.

dimanche 7 décembre 2014

Star Wars, Retour sur une hexalogie. 1er Partie, Les épisodes IV, V et VI.

Alors que le premier (très court) trailer de l'épisode VII est sortis depuis quelques jours, et fait déjà beaucoup de commentaires, et de parodies; retour sur les origines de la saga, les six premiers épisodes de Star Wars.




Je me suis demandé comment j'allais aborder cela, historiquement (les épisodes IV, V et VI) ou chronologiquement (les épisodes I, II et III) ?

J'ai choisi l'angle historique. Il est plus aisé de comparer les épisodes IV, V et VI aux épisodes I, II et III, tant ils leurs sont supérieurs. Et les épisodes IV à VI ayant été tourné en premier, cela permet de revenir sur les origines de cette saga.




La première trilogie historique, épisode IV, V et VI.

George Lucas après avoir obtenu son diplôme cinéma de l'université de Californie du sud, fonde la société American Zoetrope en 1969, pour être plus indépendant des studios hollywoodien.
Il signe un partenariat avec la Warner Bros et réalise son premier film THX 1138, un film d'anticipation assez sombre. La Warner juge le film insortable en l'état et refait complètement le montage, ce qui n'empêchera pas l'échec commercial du film.

Suite à cette expérience il créé la société Lucas Film et réalise son second film, American Graffiti.
 Largement autobiographique, le film dépeint la jeunesse américaine du début des années soixante.
On y aperçoit Harrison Ford.
Le film obtiendra un grand succès, et obtiendra plusieurs récompenses.

George Lucas planche donc sur une saga de science fiction, Star Wars.
Dès le début il prévoit qu'elle sera en 9 volets, architecturée autour de la trilogie Luke Skywalker, les épisodes IV, V et VI, l'avant avec les épisodes I, II et III, et l'après avec les épisodes VII, VIII et IX.
Présenté à plusieurs studios, c'est la 20th Century Fox qui prêtera 20 millions de dollars à Lucas pour son projet.

Lucas fonde la société Lucas Game et Lucas Art, ainsi que Industrial Light & Magic qui sera sa division effets spéciaux.

La Fox ne crois pas au potentiel d'une saga de science fiction, orientée jeunesse. Pour les convaincre, Lucas va avoir son coup de génie, il abandonne les bénéfices des recettes et se garde les droits des suites, et surtout des produits dérivés.

Star Wars épisode IV, un nouvel espoir.




Le film sort en 1977 et est tout de suite un immense succès.

Réunissant des millions de fans frustré de ne pas avoir un univers de sf ou se retrouver il va tout de suite trouver son public, qu'il fidélisera par la suite, formant une communauté.

Dès le début on retrouve ce qui fera la marque de fabrique de Star Wars, une ouverture dans l'espace, un langage très classique, voir Sheakspirien, des transition sans fondu, horizontale, verticale, en rideaux, en rond, en volet, en fenêtre, etc...
Un design de vaisseaux spaciaux très particulier, blanc, comme l'armure des soldats de l'empire, très géométriques aussi.
Les maquettistes qui ont tout fait, ont pris des pièces dans des boites de maquettes de destroyers de la seconde guerre mondiale.

Lucas n'a pas caché que le tournage fut très difficile, la partie Tatouine tournée à Foum Tataouine sous une chaleur excessive s'est révélée cauchemardesque, rien n'allait comme il fallait, R2D2 bute sur chaque caillou, et il faut répéter les scènes plusieurs fois.
Quand il revient dans le ranch de Light & Magic, il s'aperçoit que aucun des effets spéciaux tourné ne sont exploitables, et qu'il faut tout recommencer.
C'est là que naitra la technique du fond vert, qui permet de filmer des objets, et des personnes, pour ensuite les coller sur un décor filmé séparément.

Sur le fond, on a une galerie de personnage qui vont former  l'ossature de la trilogie, Luke skywalker  (Mark Hamill) un orphelin remuant élevé par son oncle, un fermier rustre; Han Solo (Harrison Ford) un aventurier un poil cynique sur les bords qui ne croit qu'en l'argent (faut dire que poursuivi par Jaba the Hutt, ça aide pas), accompagné de Chewbacca une sorte de yéti sympa, mais qu'il faut pas trop emmerder quand même et qui déteste perdre aux échecs; la princesse Leïa (Carrie Fisher), rebelle à l'empire avec un bon sens de la répartie et Dark Vador (David Prowse), un seigneur sith brutal et "presque" sans humanité, au service de l'empire, pour détruire la rébellion, il ya aussi deux robots, C-3PO (Antony Daniels) et R2D2 (Kenny Baker), qui sont les éléments plus comique, léger.
Il faut ajouter Obiwan Kenobi joué par sir Alec Guniness, et le commandeur Tarkin joué par l'excellent Peter Cushing.

On peut noter quelques incohérences dans ce film, d'abord R2D2 qui devient la propriété d'Obiwan et ne manifeste pas de le connaitre quand il le voit alors qu'il a passé les épisodes I, II et III a ses cotés. Toujours à propos d'Obiwan qui déclare avoir pris sur lui d'enseigner la force à Anhakin, et donc on imagine, en secret. Or on verra dans l'épisode I, notamment, que l'apprentissage en question est tout à fait officiel au sein des jedis.

Le monde de Star Wars est architecturé autour du concept de "force". Une force mystique qui donne son équilibre à l'univers et a deux côté, un lumineux et utilisé par les jedis, des chevaliers  garant d'un ordre moral, et l'autre, obscur, utilisé par les seigneurs sith pour anéantir tout ce qui se met en travers de leur chemin pour accéder à la puissance et au pouvoir. Les jedis, comme les siths, manient le sabre laser, calqué sur le shinai du kendo japonais.
La force n'est pas si présente que ça dans ces épisodes, normal seul quelques personnages, pas toujours présent à l'écran la manie, elle est donc plus en filigrane que partie prenante de l'histoire.
Jusqu'au dénouement final ou elle à Luke pour placer un coup au but dans l'étoile noire.

On a souvent critiqué Star Wars pour son manque de profondeur et son côté superficiel. Certes l'épisode IV sert surtout à planter le décor, les personnage et lancer l'histoire.
Mais le concept de la force est largement calqué sur le bushido, le code d'honneur des samurais. Ça se voit dans la philosophie des jedis, et l'enseignement de la force fait à Luke.
Les personnages ne sont pas si manichéens que ça.
Solo sous son coté désintéressé  et cynique est en fait assez romantique, Leïa est plus masculine que féminine, et Skywalker est obtu, colérique et, dans l'ensemble, assez immature.
Ce qui est normal dans un premier film.
L'évolution du personnage de Luke viendra avec le second volet, l'épisode V.

Petite anecdote, lors de la sortie du terme "star wars" par le gouvernement Reagan (une grosse intox pour couler les soviétiques en les obligeant à faire des recherches couteuses), Lucas a porté plainte contre l'administration Reagan, et a gagné son procès.





Star Wars épisode V, l'empire contre attaque.


Le film sort en 1980, réalisé par Irvin Kershner.

De loin mon préféré. Pas de déchets, de scènes inutiles. Une histoire qui prend son envol, et des personnages qui s'affinent.
Cerise sur le gâteau, des dialogues savoureux. L'échange entre Leïa de l'intérieur de la base sur Hoth jusqu'à la fin de la poursuite est juste magnifique.
Skywalker en kaki, va nous démontrer que, oui il peut être une tête à claque, et est loin d'être un jedi.
Solo va laisser tomber son armure pour avouer ses sentiments à Leïa, et Calrissian, montrera son ambiguïté.
Quand à Vador, il punit de mort dès le début toutes incompétences (vous avez dit management par la terreur ?), mais se relâche à la fin, démontrant, que non, toute humanité ne l'a pas quitté.
Le mystérieux chasseur de primes Bobba Fett fait son apparition (sauf pour les possesseurs du coffret collector dvd, ou il apparait dans la scène rajouté sur Tatouine, aux côtés de Jabba).
A l'époque de la sortie du film, il a été question que Bobba Fett, soit en fait une ex de Solo qui voulait se venger de lui. L'idée était séduisante, mais n'a pas été retenue, si elle a était formulée un jour.
Yoda montre que ses vingts d'exil ont laissé des traces, et qu'il est trèèèèèèèèès très loin du Yoda des épisodes I, II et III. Mais c'est cohérent avec sa longue période d'exil.
De plus, la sagesse revient vite quand il prend en main l'apprentissage de Luke.
La relation entre Solo et Leïa, traitée en mode "je t'aime moi non plus" donne une tonalité plus mature et adulte au film, c'est autre chose que s'ils s'étaient roulé dans l'herbe sur Naboo par exemple ^^. Enfin moi je dis ça, je dis rien...

Même réalisé bien avant la menace Fantôme, le film techniquement se tient bien et n'a pas pris une ride. L'animation des quadripodes impériaux est juste magnifique, et Yoda passe bien, même si le côté marionnette se voit.

seul petit bémol, la cape de Lando Calrissian, très marqué années 80 et en fait un personnage funky échappé d'un film soul, ou funk, de la black exploitation.

Pour LA dramatisation finale, le fameux "Je suis ton père", l'acteur Mark Hamill n'a pas été mis au courant de la fameuse réplique, ce qui prouve qu'il est bon acteur, parce que franchement il l'a joue super bien.





Star Wars épisode VI, Le retour du Jedi.


Réalisé par Richar Marquant, le film sort en 1983 et est le dernier volet de cette trilogie.
On y retrouve tout les personnages, éparpillé entre l'espace et Tatouine.
Les scènes du palais de Jabba auront d'ailleurs pour but de rassembler les personnages.
dommage qu'il y ai un peu de déchets, comme la scène avec le rancor. Filmée en partie devant un écran pour les plans de Luke devant le rancor, elle a mal vieillie et donne un coup de vieux involontaire au film.

On sait qu'au départ la scène de fin devait se passer sur Kashyyyk, la planète des wookies (Chewbacca).
Mais finalement Lucas préférera les ewoks,  plus rassembleur, et surtout plus générateurs de revenus en terme de marchandising.
Quel dommage, malgrés des scènes impressionnantes  dans la fôret d'Endor, les ewoks font trop "mignons" pour être pris au sérieux.
Les scènes avec les ewoks frôlent  le ridicule, et parfois même le franchisse. En plus on voit que ce sont des costumes en fausse fourrure sur des enfants.
Certes le film est spectaculaire, et on sens une maitrise technique des effets spéciaux. La scène de poursuite en moto jet dans la foret d'Endor est juste époustouflante. Petit détail amusant, il y a une basket dans le groupe de croiseur interstellaire chargés de bloquer la flotte rebelle.
Le combat final entre Luke et Dark Vador est de toute beauté, et a une vraie intensité dramatique qui sied à merveille à cet épisode (provisoirement) final.
Mais ce film ne peut m'empêcher de me laisser un goût d'inachevé, et de gâchis.

Une anecdote amusante est raconté par Lucas dans le dvd de bonus du coffret collector. Partis faire des repérages à Foum Tataouine, il s'est aperçu que le succès avait son mauvais côté, et que les prix avaient été multiplié par 10.
Pour contourner le problème, il a donc inventer de toute pièce une fausse production pour un film appelé "L'horreur bleue des profondeurs".
Siège de réalisateur, t-shirt, sweat, ont été fabriqué pour cette fausse production.
Inconnue, les prix ont chuté, et Lucas a pu produire à moindre frais.

A la fin on voit le spectre de Anhakin  Skywalker apparaitre aux côtés de Yoda et Obiwan Kenobi (Dans la dernière version du film sortie en dvd, c'est Hayden Christensen (Anhakin dans les épisodes II et III) qui apparait en lieu et place de David Prowse).








mercredi 3 décembre 2014

Bande annonce du prochain film "Psychopass"

Pour tout ceux qui ont aimé la série "Psychopass" (サイコパス, Saiko Pasu), un film d'animation long métrage va sortir le 09 janvier 2015.

Pour rappel, la série décrit un monde futuriste ou une unité de police spécial traque des criminels potentiels identifiés grâce, ou à cause, de leur émotions qui les rendent plus enclins de passer à l'acte.
Ils sont équipés de pistolets spéciaux qui ne peuvent tirer que lorsque le "crime" est avéré, et cette unité est composé de criminels potentiels, appelé exécuteurs, encadrés par des officiers.

La série suit, entre autre, la jeune Akane Tsunemori, qui vient d'intégrer l'unité.

Le site officiel c'est ici :

http://psycho-pass.com/

La bande annonce du film :






mercredi 8 octobre 2014

Garm Wars The last druid, Mamoru Oshii revient (=^-^=)

Mamoru Oshii (Ghost in the shell, Ghost in the shell innocence, sky crawler, Avalon, Lamu, etc...) revient à la réalisation d'un film long métrage, avec "Garm Wars, The last druid".
Véritable OVNI, mais Mamoru Oshii nous y a habitué, le film s'annonce somptueux.

Pour des infos c'est ici :

http://www.dailymars.net/premier-trailer-pour-le-nouveau-film-de-mamoru-oshii/

Et pour un premier trailer, c'est ici:





J'en bave d'avance... ^^

dimanche 25 mai 2014

Le vent se lève 風立ちぬ

Pour ma première critique/analyse de film j'avais pensé à Godzilla, mais le film m'a déçu et ça m'embêtait de commencer par une critique négative.
Et puis la semaine dernière j'ai assisté à une conférence de Michael Lucken, pro­fes­seur à l’INALCO, spé­cia­liste de l’art et de l’his­toire du Japon moderne.
Il a analysé le film "Le vent se lève" d'Hayao Myiasaki, et là tout est devenus plus clair.
Quand j'ai vu le film, j'avais des impressions sur lesquelles je n'arrivais pas à mettre des mots, ce que j'ai pu faire grace à cette conférence. Je vais donc vous livrer  mon analyse agrémentée de celle de Michael Lucken.



Le film fait référence à un poème de Paul Valery, le cimetière marin, dont la dernière strophe commence par ces vers :

Le vent se lève!... Il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!

 

Il y a également une nouvelle de Tatsuo Hori, dont l'intrigue amoureuse servira à Hayao Myiazaki pour relation entre Jiro et Nahoko.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_vent_se_l%C3%A8ve_%28roman%29

Le film sortis au Japon en aout 2013 a fait polémique, parce qu'il présente une image d'un Japon défait, et un constat d'échec. Et a été ressentis comme une fable pacifiste dans un contexte ou la remilitarisation du Japon a été posée par Shinzo Abe, le premier ministre, avec changement de la constitution.
Étrangement en Corée du sud le film a fait polémique, parce qu'il a été vu, au contraire, comme un film militariste.
Comme quoi, on voit bien ce que l'on veut dans une oeuvre cinématographique.

En France, le film a été quelque peu éclipsé par l'annonce du retrait d'Hayao Myiasaki de la réalisation.
Certes ce n'est la première fois qu'il a annoncé son envie d'arrêter la fabrication de films (la première fois date de "Princesse Mononoke"), mais cette fois ci des éléments laisse à penser que ce sera son dernier film.
D'abord il a argumenté en disant qu'un film lui prenait 3 ans à faire, et qu'à 77 ans cela lui prenait trop d'énergie. Et puis il a déclaré qu'il souhaitait se recentrer sur le musée Ghibli. De plus ce film est le plus personnel de sa carrière. Autant d'éléments qui laisse à penser qu'il ne reviendra pas sur sa décision.

Comme ce film est très probablement le dernier, il a valeur de testament, impression renforcée par l'aspect très personnel du scenario.

Ce film a ceci de particulier qu'il n'est pas destiné à un jeune public, ce qui est une première. Ensuite pour comprendre les clés données ici il faut savoir que la famille d'Hayao Myiasaki, son grand père et son oncle, avait une usine de fabrication de pièces détachées d'avion, pour l'aviation Japonaise, Mitsubishi, et donc pour l'armée Japonaise. Et il on fabriqué des pièces qui ont été montée sur des avions "zéros".
Myiasaki a pu faire des films, certes, mais il a du faire des concessions sur la réalisation de ses films pour qu'il soient distribués et vu dans le monde. Ce qui qui fait une référence au mythe de Faust.
Ce film si personnel, l'est peut être plus encore en illustrant ce qu'aurait voulu faire Hayao Myiazaki dans son oeuvre et qu'il a du mettre de côté pour faire des compromissions sur la réalisation et la distribution, assurée par Disney.

Le film s'ouvre par cette séquence ou l'on voit Jiro Horikoshi monter dans un avion factice sur le fait du toit pour s'envoler dans une séquence onirique.
Une des différence est l'absence de situation fantastique, remplacée par de l'onirisme.
 L'avion finit par avoir des ailes et on assiste à un vol sur fond de soleil levant, allégorie au Japon, mais aussi au mythe d'Icare.




Le jeune Jiro Horikoshi ne peut pas voler parceque porteur de lunettes, mais comme il est passionné d'aviation il veut fabriquer des avions, pas n'importe quels avions, des beaux avions.
Toujours dans un rêve il se choisit comme mentor l'ingénieur Caproni, qui a réellement existé et dont les manufactures ont fabriqué le Ca.309 dont le surnom "Ghibli" a donné son nom aux studio fondés par Hayao Myiasaki...
Encore des doutes sur l'aspect très personnel de ce film ? ^^
Caproni lui apparaitra en rêve dans les moments de doutes et difficiles.
Mais Caproni va aussi l'influencer dans ses choix à faire, et donc Jiro qui veut faire de beaux avions, va finalement finir par travailler chez Mitsubishi, sur un modèle de chasseur zéro.
Et là le film prends une dimension Faustienne, pour fabriquer des avions il va sacrifier sa volonté de faire de beaux avions, à celle de pouvoir faire des avions, mais de guerre, et donc des engins de mort.


 

Si on se rappelle le voyage de Chihiro, on a en mémoire la façon de traiter les volumes dans ce film, verticalité pour tout ce qui concerne le pouvoir et l'argent, caractérisé par le batiment des bains ou l'on a les porcs que l'on va manger tout en bas, et Yubaba tout en haut qui dirige l'établissement de bains. Et puis on a l'horizontalité évoquant plutôt l'apaisement et la tranquillité au travers du voyage en train.

Dans "le vent se lève" les angles sont très souvent oblique, et avec des lignes brisées, les plans sont en diagonal et les situations filmées de façon transversales.



Si on pousse un peu plus loin, on remarque que même les décors et les personnages ont ce motif de ligne brisée, dans leur col de veste et chemise sous le visage, dans les motifs des kimonos, et enfin dans les ailes du prototype sur le lequel travaille Jiro.
Ce prototype a certes existé, mais construit en nombre mineur (une quinzaine d'exemplaires) contrairement au zéro qui a été massivement produit.
Et l'avis de Michael Lucken, que je partage, est que ces lignes brisées sont le symbole de son rêve brisé, et donc de la référence au mythe Faustien.
D'ailleurs si on regarde bien, le personnage de Jiro au début est habillé soit en kimono traditionnel, soit en veste a col Mao, donc sans le cou enserré dans ce motif de la ligne brisée.





Jiro commence à porter la cravate et la veste quand il travaille sur son modèle d'avion de chasse zéro.
Les plans montrent des lignes de chemin de fer, des toit oblique, bref des lignes transversales, diagonales, voir brisée.
Cette dimension avec le mythe Faustien est quand à lui renforcé par ce voyage en Allemagne et la rencontre avec des ingénieurs Allemands de Junkers, supposé être des alliés mais qui traitent les Japonais avec morgue.
D'ailleurs le Junker vu dans le hangar a un coté monstrueux, un peu comme le serait le diable avec qui on signerait un pacte.



Il y a d'ailleurs dans ce voyage en Allemagne la seule scène incompréhensible du film, une course poursuite entre un homme et des militaires sans que l'on en comprenne les tenant et les aboutissant.
qu'a voulu nous dire Myiasaki ?
Mystère...
Peut être nous montrer le climat confus et tendu qui régnait en Allemagne à ce moment là entre les militariste de Ribbentrop et Hitler cherchant à accéder au pouvoir, et les opposant de gauche qui les combattaient, mais ce ne sont là que supputations.
Jiro revoit Caproni dans un rêve qui lui annonce son dépit de voir les hommes transformer les avions, qui pourraient être de formidables inventions, en machines de guerre et qu'il va prendre sa retraite.

Après ce voyage Jiro va travailler sur un modèle de chasseur zéro dont le vol d'essai sera un échec, épuisé il va donc aller se reposer dans une auberge à  Karuizawa ou il va rencontrer de nouveau Nahoko Satomi qu'il a déjà rencontré dans un train le menant vers Tokyo, ou il ont été séparé par le tremblement de terre du Kanto de 1923 et ses conséquences, incendies et destructions.




Nahoko qui est atteinte de la tuberculose va délibérément faire le choix de sacrifier leur relation pour que Jiro puisse faire son travail. On retrouve une fois de plus la référence au mythe Faustien, une fois le pacte signé, rien ne peut venir se mettre en travers de sa route.
 On retrouve aussi des éléments récurent dans les films de Myiasaki, le sens du sacrifice, le gout pour l'effort et le travail, même difficile.

Nahoko va donc aller dans un sanatorium et en revenir mieux.
Mais pour laisser son mari, Jiro, travailler sur le chasseur zéro, elle va lui cacher son état, et ce n'est que la soeur de Jiro,  Kayo Horikoshi qui est médecin, qui va s'apercevoir de la gravité de son état et le révéler à Jiro.
Nohoko s'enfuira plutôt que de détourner Jiro de sa "mission" et lui laisser de bons souvenirs.
Le vol d'essai suivant est un succès et Jiro a le pressentiment à ce moment là que Tohoko est morte.

S'ensuivent des images de bombardiers zéro partant accomplir leur missions. On peut d'ailleurs raisonnablement penser que ces avions sont en fait des kamikaze. Impressions renforcées par une déclaration d'Hayao Myiazaki lors de la sortie du film disant que si il avait eu l'age à l'époque, et pris dans la tourmente de la guerre, il se serait surement enrôlés dans les kamikaze.

Le film se termine enfin par cette scène ou Jiro traverse un champs ou repose des carcasses d'avions brisées, il rencontre alors Caproni à qui il fait part de son malaise d'avoir aider à produire des avions qui ont détruit. Caproni lui montre le ciel remplis d'avions divers que vont rejoindre les carcasses des avions fait par Jiro, puis Caproni lui dit qu'il peut être fier, et lui dit de penser à ce qu'il a de plus cher, Jiro aperçoit alors Tahoko, celle ci lui dit de vivre sa vie, jiro la reme
rcie en larme et retourne auprès de Caproni.




 On a donc ce retour au mythe Faustien, symbolisé par Caproni, et dont le prix à payer est le sacrifice de Tahoko.
L'avion aux ailes brisés revient à la scène d'ouverture et à la référence au mythe d'Icare, ainsi qu'a sa funeste fin.
Même si Myiazaki choisit rarement de fin pour ses films, laissant plutôt le spectateur choisir, une fois encore, ce film se distingue par sa fin sous forme de constat d'echec.
Cela fait de ce film quelque chose de très pessimiste, mais Myiazaki a déclaré dans une interview qu'il était très inquiet et pessimiste pour l'avenir des jeunes au Japon.
Certes l'oeuvre de Myiazaki est immense et a rayonné bien au delà du Japon, fabriquant une nouvelle esthétique comparable à notre époque à ce qu'on été les estampes du Japon féodal.