samedi 21 juin 2014

Voyage au Japon, mars-avril 2011, 1er partie, Kyoto - Osaka

 KYOTO










Kyoto la ville aux "500 temples" porte bien son nom.

Arrivé à Kyoto tôt le matin je me suis empressé d'aller poser mes affaires à la guest house "Gojo annex".
Super accueil, bien situé juste derrière le quartier historique de Gion, pas trop chère, c'est un "spot" incontournable pour toutes personnes qui veulent aller visiter Kyoto.


Une des rues ancienne du quartier de Gion
Le quartier de Gion, est anciennement le quartier des maisons de thé, ou officiaient les "Geishas". À Kyoto on a tendance à les appeler "Geiko".




Couple venu faire des photos la veille de leur mariage dans le "vieux" Gion


À coté des maisons de thé ce sont installés les hokya, qui avait pour but de former les geishas/geiko aux nombreux arts indispensables à leur profession.
Car les geisha/geiko ne sont pas des prostituées comme le croient encore de nombreuses personnes, mais des femmes maitrisant beaucoup d'arts (chant, danse, ikebana, comédie, cérémonie du thé, shamisen, etc...) pour distraire des hommes dans les maisons de thé, ou des salons de réception discrets.



Maiko sur le chemin de son rendez vous


Il n'est pas rare d'en croiser dans le quartier de Gion le soir venu, mais si elles se laissent prendre en photo, elles ne s'arrêteront pas pour prendre la pose !

J'ai donc fait un parcours, temple d'argent, pavillon d'or, palais impérial, Ryoan-ji (temple zen avec sa "mer de gravier", temple Inari, Nara.

Le temple d'argent est situé au nord est de Kyoto. Ressemblant étrangement au pavillon d'or, il est entouré d'un très beau jardin paysage.






Du temple d'argent une très jolie ballade appelée "chemin des philosophes" part en serpentant sous les cerisiers pour rejoindre la partie est de Kyoto.
Lorsque les cerisiers sont en fleur, c'est incontournable.


Chemin des philosophes sous les cerisiers






Le pavillon d'or, est anciennement un palais qui a été doré à l'or fin pour lui donner cet aspect unique.
L'objectif était de faire se refléter les rayons du soleil qui l'irradie véritablement.
La météo n'étant pas ensoleillée ce jour là, je n'ai pas pu voir l'effet voulu.



Le palais impérial est la résidence de l'empereur, mais pour certaines occasions, elles ouvre au visiteurs.
Ayant eu le bon plan par Kuji de ma guest house, j'ai pu la visiter gratuitement. Ouverte spécialement pour l'occasion de la floraison des cerisiers, qui fait office de nouvel an.




Évidemment, comme toute place historique de première importance, le palais de Kyoto possède un jardin paysage. Notion très Japonaise qui pourrait se rapprocher du jardin à l'Anglaise, le jardin paysage a pour but de reconstituer un paysage sur une surface qui peut aller de très petite à très grande.

Jardins paysage
Exceptionnellement les cloisons sont ouvertes, ce qui laisse voir les décorations des parois intérieures du palais. 






















Le Ryoan-ji est célèbre pour sa "mer de gravier" juste décorée de  quelques pierres et cercles concentrique censé favoriser la méditation.



Pour mon premier dimanche à Kyoto, je suis aller au temple Konchi-In.
Ce temple a un grand parc qui est un endroit idéal pour les Japonais qui veulent pratiquer l'hanami (hana = fleur, mi vient de miru, voir / contempler, l'ensemble voulant littéralement dire contempler les fleurs, ici de cerisiers)





 C'est étonnant de voir à quel point les Japonais(es), pourtant si gourmand de raffinements, aiment ses horribles bâches bleues pour l'hanami, qui est, sûrement, un des moments les plus important de l'année.


Fushimi Inari est célèbre pour ses tori (les portails rouge, orangé) alignés sur plus de quatre kilomètres.
Jalonné de "stations" ou l'on trouve de la restauration, des boissons, et des bancs pour s'asseoir, c'est une longue ballade à faire dans la montagne.




Il est rare que les Japonaises refusent de poser pour une photo, surtout quand elles font des efforts vestimentaires, comme ici avec de joli kimonos.




Et on a la bonne surprise de tomber sur une belle vue de Kyoto.
Je m'en suis aperçu l'été dernier, la nuit c'est encore mieux avec la ville illuminée.




Enfin, Nara a fini ce premier voyage à Kyoto.
Nara est une ancienne capitale du Japon, à une époque ou l'on changeait de capitale à chaque mort d'un empereur.




Nara est caractéristique pour deux choses, ses daims, qui ont un caractère sacré, et son temple du grand Bouddha.




Le temple du grand Bouddha est assez impressionnant, et justifie à lui seul, la visite de Nara.


L'entrée du temple


Un gardien

Le grand Bouddha



OSAKA

Autant vous le dire tout de suite, je n'ai pas apprécié Osaka.
Peut être que je ne connaissais pas assez pour voir ce qui mérite d'être vu, mais je n'ai pas apprécié cette grande ville de buildings moderne.
A l'écart de la ville dans un ryokan, une auberge traditionnelle avec chambre Japonaise, tatami, et femme de chambre pour s'occuper de vous, je n'y suis resté que deux jours.
Peut être que ce court délai m'a ralenti, moi qui aime prendre mon temps dans un lieu que je ne connais pas.




La spécialité de Osaka, ce sont les "takoyaki" (tako = poulpe, yaki = grillé), des petits beignets rond avec un morceau de poulpe dedans.
Populaire au Japon, c'est de la très bonne street food, et l'on trouve des plaques dans les magasins pour faire chez soi des takoyaki parties, comme nous faisons des raclettes parties, ou crêpes parties.






Si à Kyoto on croise beaucoup de femmes, et d'hommes, en kimono traditionnel, dans les grandes villes du Japon on croise aussi beaucoup de jeune filles, ou garçons, en "cosplay".
Le cosplay et un déguisement de son héros de, manga, film, drama, ou roman que l'on porte. On en croise régulièrement au Japon, spécialement dans les endroits "branchés" ou associés à la culture populaire Japonaise.



Osaka est aussi réputée pour être la ville des yakusas. On peut en voir dans d'autres villes, mais Osaka a la réputation d'être la ville du Japon qui a le plus de quartier général de clans parmi les plus influents.
Ils contrôlent la prostitution, et bien sur les jeux, dont les patchinkos, salle de jeux de bornes, ou les Japonais aiment à se défouler après le travail en dépensant leur argent.



Bref, je ne dirais pas que Osaka n'a pas d'attrait, mais je ne connaissais pas assez pour apprécier, et à la différence de Kyoto, ou il est facile de trouver ce qu'il y a à voir, Osaka mérite d'être surement plus explorée en profondeur, avec une bonne préparation.



dimanche 15 juin 2014

Evangelion et les sabres Japonais.



 En attendant d'aller à un atelier sur les sobas à l'époque Edo, j'ai visité l'expo sur Evangelion et les sabre Japonais à la maison du Japon et de la culture.

Superbe exposition.
Très bien faites, pas très grande, mais pas mal d'objets exposés.




 Une belle maquette (celle qui est sur la première photo) et la lance de Longinus pour entrée en matière produise un bel effet.
Toutes les armes présentées ont été forgées et finies à la main par des maitres forgerons et des maitres artisans à la réputation inégalée sur l'archipel.





Pourquoi Evangelion ?
Parceque l'oeuvre est culte, incontournable dans l'univers de l'anime, connue au delà du Japon grâce à son histoire riche avec des personnages complexes. 
La mise en perspective de l'univers d'Evangelion et des sabres Japonais authentique est justifiée par des similitudes.
L'esprit de sacrifice, et certaines autres valeurs montrées dans l'animé.
Le combat et la présence de nombreuses armes blanches dans la série par exemple.


Menpô traditionnel d'armure de samurai
Menpô et masque de l'EVA-01 de Shinji


Et partant du principe que les EVA sont en fait des créatures vivantes enfermées dans une armure qui les maintient sous contrôle, l'expo fait aussi le lien avec les pièces d'armure traditionnelle, comme les menpô, mentonnières qui avait pour but de protéger le bas du visage et d'effrayer l'ennemi.




Coté armes, on trouve pour Evangelion, la lance de longinus, des progressive knifes, des sabres et un étrange spécimen mi arme à feu et arme blanche mis au point et créé pour une série de roman reprenant l'intrigue de la saga Evangelion.


L'étrange spécimen




Coté samurai, des sabres traditionnels avec explications des origines et du rôle de chaque arme, des pièces d'armures, des objets de finition, polissage, gaine, etc...






À cela il faut rajouter de nombreux panneaux explicatif sur les métiers de maitre forgeron, maitre artisan, les origines des armes de samurai avec un historique complet, les origines du manga et les étapes de la fabrication d'un animé.
Des séquences vidéos sur Evangelion, et enfin un film sur la fabrication d'un sabre par un maitre forgeron ou j'ai appris qu'une lame tait constituée de 33000 couches d'acier, avec un coeur d'acier tendre, protégé par une enveloppe d'acier plus dure, ce qui rends le sabre indéformable et incassable.




Summum de la perfection, certains sabres sont présentés en double, l'un avec tsuba (garde) et tsuka (poignée), dans le saya (fourreau), et avec la lame seule.




Bref, une très belle exposition et un très bon moment pour les amoureux du Japon, de sa culture traditionnelle, comme de sa culture pop manga.
J'espère que cette exposition aura un franc succès ce qui donnera d'autres idées à la maison du Japon et de la culture, pour nous surprendre encore plus.














lundi 9 juin 2014

Voyage au Japon, mars-avril 2011, Introduction

En Avril 2011 j'ai effectué mon premier voyage au Japon.
Deux semaines avant de partir il y a eu la triple catastrophe du Tremblement de terre magnitude 9,2, le plus fort jamais enregistré depuis que les instruments de mesure existent, suivi du tsunami sur Sendai et sa région côtière, et enfin la catastrophe de la centrale de Fukushima.
Aujourd'hui encore il est impoli d'aborder le sujet avec un Japonais si vous êtes étranger. Vous devez attendre que la personne l'aborde avec vous tellement ce fut un traumatisme.

Bien sur la question s'est posée, "je vais au Japon, ou j'annule ?"

J'attendais ce voyage depuis longtemps, mais les risques étaient bien présents, avec des informations contradictoires sur le plan de la sécurité nucléaire, et des médias dépassés par les événements.
Pour anecdote, je me rappelle l'envoyé spécial de France2 déplacé de Tokyo à Osaka, soit environ 500 km, réveillé en pleine nuit dans des rues désertes, pour expliquer qu'il ne sait pas grand chose de plus que ce que les médias disaient, parce que pas au bon endroit...

Donc dans ce genre de cas, on se fait sa propre opinion et  on assume une décision.
Personnellement j'ai fait joué la communauté Japonaise couchsurfing de Tokyo et Kyoto, ainsi que les ressortissants étranger sur place pour avoir des réponses. Et j'ai posé une question simple, est ce déplacé et inconvenant de venir dans un pays frappée d'une telle catastrophe en tant que touriste ?
Est ce que je ne risquais pas d'être taxé de voyeur ?

Des Japonais(es) m'ont répondue que, un, ça leur ferait du bien de voir des gens arriver et non pas fuir. Et que deux, quitte à venir au Japon, autant faire utile en faisant fonctionner l'économie locale et aller à l'hôtel, plutôt que faire du couchsurfing.

Donc j'ai pris ma décision, j'ai été au Japon, et je n'ai pas regretté.


collégiennes à Kyoto

comme j'ai voulu faire utile et que je suis en contact avec des familles dans le cadre de mon travail, j'ai fait une collecte de vêtements que j'ai emmené avec moi dans un gros sac.
Contact avait été pris avec Jade, couchsurfeuse de Tokyo qui se rendait utile auprès de sans abri, suite à la catastrophe.

Arrivé à Tokyo j'avais prévus de filer sur Shinjuku, pour lui remettre le sac de vêtements, puis prendre un bus de nuit pour Kyoto. Ce qui fut fait.
Bon je ne vous cacherais pas que les 24 premières heures au Japon c'est la panique totale.
Changements de langue, de façon d'écrire, d'habitudes culturelles, de comportements, le dépaysement est total.

Personnellement je me suis pris une grosse claque.
Je suis tombé raide dingue amoureux du Japon.
C'est là bas que j'ai enfin compris ou était ma place, c'est là bas que je me suis sentis bien depuis très longtemps, c'est là bas que je me sens chez moi.


Femmes en yukata (kimono léger) du dimanche, Kyoto


Certes j'y étais comme touriste, et je connais le vieux débat à propos du prétendue "racisme" des Japonais.
Je n'en ai cure...
Les Japonais se sont volontairement isolés du monde pendant la grande majorité de leur histoire. Associé à une mentalité insulaire cela explique pas mal leur comportement.
Leurs notions de "Honne / Tatemae", respectivement : Honne, le désir et les opinions personnelles, et Tatemae, la façon de se comporter en public, l'obligation sociale, aide à comprendre la mentalité Japonaise.
Ces deux notions associées explique pourquoi, nous voyons les Japonais hypocrite en Europe, et pourquoi les Japonais(es) se plient à la notion de groupe et se respectent.
 En France la franchise est vu comme une qualité, mais au Japon on ne parle pas de ses sentiments personnels. La sphère privée est beaucoup plus importante, c'est le Honne. De même chaque Japonais(e), aura à coeur le matin en se levant de tout faire pour avoir l'harmonie autour de soi, et y contribuer, c'est le Tatemae.

La suite au prochain épisode...


dimanche 25 mai 2014

Le vent se lève 風立ちぬ

Pour ma première critique/analyse de film j'avais pensé à Godzilla, mais le film m'a déçu et ça m'embêtait de commencer par une critique négative.
Et puis la semaine dernière j'ai assisté à une conférence de Michael Lucken, pro­fes­seur à l’INALCO, spé­cia­liste de l’art et de l’his­toire du Japon moderne.
Il a analysé le film "Le vent se lève" d'Hayao Myiasaki, et là tout est devenus plus clair.
Quand j'ai vu le film, j'avais des impressions sur lesquelles je n'arrivais pas à mettre des mots, ce que j'ai pu faire grace à cette conférence. Je vais donc vous livrer  mon analyse agrémentée de celle de Michael Lucken.



Le film fait référence à un poème de Paul Valery, le cimetière marin, dont la dernière strophe commence par ces vers :

Le vent se lève!... Il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!

 

Il y a également une nouvelle de Tatsuo Hori, dont l'intrigue amoureuse servira à Hayao Myiazaki pour relation entre Jiro et Nahoko.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_vent_se_l%C3%A8ve_%28roman%29

Le film sortis au Japon en aout 2013 a fait polémique, parce qu'il présente une image d'un Japon défait, et un constat d'échec. Et a été ressentis comme une fable pacifiste dans un contexte ou la remilitarisation du Japon a été posée par Shinzo Abe, le premier ministre, avec changement de la constitution.
Étrangement en Corée du sud le film a fait polémique, parce qu'il a été vu, au contraire, comme un film militariste.
Comme quoi, on voit bien ce que l'on veut dans une oeuvre cinématographique.

En France, le film a été quelque peu éclipsé par l'annonce du retrait d'Hayao Myiasaki de la réalisation.
Certes ce n'est la première fois qu'il a annoncé son envie d'arrêter la fabrication de films (la première fois date de "Princesse Mononoke"), mais cette fois ci des éléments laisse à penser que ce sera son dernier film.
D'abord il a argumenté en disant qu'un film lui prenait 3 ans à faire, et qu'à 77 ans cela lui prenait trop d'énergie. Et puis il a déclaré qu'il souhaitait se recentrer sur le musée Ghibli. De plus ce film est le plus personnel de sa carrière. Autant d'éléments qui laisse à penser qu'il ne reviendra pas sur sa décision.

Comme ce film est très probablement le dernier, il a valeur de testament, impression renforcée par l'aspect très personnel du scenario.

Ce film a ceci de particulier qu'il n'est pas destiné à un jeune public, ce qui est une première. Ensuite pour comprendre les clés données ici il faut savoir que la famille d'Hayao Myiasaki, son grand père et son oncle, avait une usine de fabrication de pièces détachées d'avion, pour l'aviation Japonaise, Mitsubishi, et donc pour l'armée Japonaise. Et il on fabriqué des pièces qui ont été montée sur des avions "zéros".
Myiasaki a pu faire des films, certes, mais il a du faire des concessions sur la réalisation de ses films pour qu'il soient distribués et vu dans le monde. Ce qui qui fait une référence au mythe de Faust.
Ce film si personnel, l'est peut être plus encore en illustrant ce qu'aurait voulu faire Hayao Myiazaki dans son oeuvre et qu'il a du mettre de côté pour faire des compromissions sur la réalisation et la distribution, assurée par Disney.

Le film s'ouvre par cette séquence ou l'on voit Jiro Horikoshi monter dans un avion factice sur le fait du toit pour s'envoler dans une séquence onirique.
Une des différence est l'absence de situation fantastique, remplacée par de l'onirisme.
 L'avion finit par avoir des ailes et on assiste à un vol sur fond de soleil levant, allégorie au Japon, mais aussi au mythe d'Icare.




Le jeune Jiro Horikoshi ne peut pas voler parceque porteur de lunettes, mais comme il est passionné d'aviation il veut fabriquer des avions, pas n'importe quels avions, des beaux avions.
Toujours dans un rêve il se choisit comme mentor l'ingénieur Caproni, qui a réellement existé et dont les manufactures ont fabriqué le Ca.309 dont le surnom "Ghibli" a donné son nom aux studio fondés par Hayao Myiasaki...
Encore des doutes sur l'aspect très personnel de ce film ? ^^
Caproni lui apparaitra en rêve dans les moments de doutes et difficiles.
Mais Caproni va aussi l'influencer dans ses choix à faire, et donc Jiro qui veut faire de beaux avions, va finalement finir par travailler chez Mitsubishi, sur un modèle de chasseur zéro.
Et là le film prends une dimension Faustienne, pour fabriquer des avions il va sacrifier sa volonté de faire de beaux avions, à celle de pouvoir faire des avions, mais de guerre, et donc des engins de mort.


 

Si on se rappelle le voyage de Chihiro, on a en mémoire la façon de traiter les volumes dans ce film, verticalité pour tout ce qui concerne le pouvoir et l'argent, caractérisé par le batiment des bains ou l'on a les porcs que l'on va manger tout en bas, et Yubaba tout en haut qui dirige l'établissement de bains. Et puis on a l'horizontalité évoquant plutôt l'apaisement et la tranquillité au travers du voyage en train.

Dans "le vent se lève" les angles sont très souvent oblique, et avec des lignes brisées, les plans sont en diagonal et les situations filmées de façon transversales.



Si on pousse un peu plus loin, on remarque que même les décors et les personnages ont ce motif de ligne brisée, dans leur col de veste et chemise sous le visage, dans les motifs des kimonos, et enfin dans les ailes du prototype sur le lequel travaille Jiro.
Ce prototype a certes existé, mais construit en nombre mineur (une quinzaine d'exemplaires) contrairement au zéro qui a été massivement produit.
Et l'avis de Michael Lucken, que je partage, est que ces lignes brisées sont le symbole de son rêve brisé, et donc de la référence au mythe Faustien.
D'ailleurs si on regarde bien, le personnage de Jiro au début est habillé soit en kimono traditionnel, soit en veste a col Mao, donc sans le cou enserré dans ce motif de la ligne brisée.





Jiro commence à porter la cravate et la veste quand il travaille sur son modèle d'avion de chasse zéro.
Les plans montrent des lignes de chemin de fer, des toit oblique, bref des lignes transversales, diagonales, voir brisée.
Cette dimension avec le mythe Faustien est quand à lui renforcé par ce voyage en Allemagne et la rencontre avec des ingénieurs Allemands de Junkers, supposé être des alliés mais qui traitent les Japonais avec morgue.
D'ailleurs le Junker vu dans le hangar a un coté monstrueux, un peu comme le serait le diable avec qui on signerait un pacte.



Il y a d'ailleurs dans ce voyage en Allemagne la seule scène incompréhensible du film, une course poursuite entre un homme et des militaires sans que l'on en comprenne les tenant et les aboutissant.
qu'a voulu nous dire Myiasaki ?
Mystère...
Peut être nous montrer le climat confus et tendu qui régnait en Allemagne à ce moment là entre les militariste de Ribbentrop et Hitler cherchant à accéder au pouvoir, et les opposant de gauche qui les combattaient, mais ce ne sont là que supputations.
Jiro revoit Caproni dans un rêve qui lui annonce son dépit de voir les hommes transformer les avions, qui pourraient être de formidables inventions, en machines de guerre et qu'il va prendre sa retraite.

Après ce voyage Jiro va travailler sur un modèle de chasseur zéro dont le vol d'essai sera un échec, épuisé il va donc aller se reposer dans une auberge à  Karuizawa ou il va rencontrer de nouveau Nahoko Satomi qu'il a déjà rencontré dans un train le menant vers Tokyo, ou il ont été séparé par le tremblement de terre du Kanto de 1923 et ses conséquences, incendies et destructions.




Nahoko qui est atteinte de la tuberculose va délibérément faire le choix de sacrifier leur relation pour que Jiro puisse faire son travail. On retrouve une fois de plus la référence au mythe Faustien, une fois le pacte signé, rien ne peut venir se mettre en travers de sa route.
 On retrouve aussi des éléments récurent dans les films de Myiasaki, le sens du sacrifice, le gout pour l'effort et le travail, même difficile.

Nahoko va donc aller dans un sanatorium et en revenir mieux.
Mais pour laisser son mari, Jiro, travailler sur le chasseur zéro, elle va lui cacher son état, et ce n'est que la soeur de Jiro,  Kayo Horikoshi qui est médecin, qui va s'apercevoir de la gravité de son état et le révéler à Jiro.
Nohoko s'enfuira plutôt que de détourner Jiro de sa "mission" et lui laisser de bons souvenirs.
Le vol d'essai suivant est un succès et Jiro a le pressentiment à ce moment là que Tohoko est morte.

S'ensuivent des images de bombardiers zéro partant accomplir leur missions. On peut d'ailleurs raisonnablement penser que ces avions sont en fait des kamikaze. Impressions renforcées par une déclaration d'Hayao Myiazaki lors de la sortie du film disant que si il avait eu l'age à l'époque, et pris dans la tourmente de la guerre, il se serait surement enrôlés dans les kamikaze.

Le film se termine enfin par cette scène ou Jiro traverse un champs ou repose des carcasses d'avions brisées, il rencontre alors Caproni à qui il fait part de son malaise d'avoir aider à produire des avions qui ont détruit. Caproni lui montre le ciel remplis d'avions divers que vont rejoindre les carcasses des avions fait par Jiro, puis Caproni lui dit qu'il peut être fier, et lui dit de penser à ce qu'il a de plus cher, Jiro aperçoit alors Tahoko, celle ci lui dit de vivre sa vie, jiro la reme
rcie en larme et retourne auprès de Caproni.




 On a donc ce retour au mythe Faustien, symbolisé par Caproni, et dont le prix à payer est le sacrifice de Tahoko.
L'avion aux ailes brisés revient à la scène d'ouverture et à la référence au mythe d'Icare, ainsi qu'a sa funeste fin.
Même si Myiazaki choisit rarement de fin pour ses films, laissant plutôt le spectateur choisir, une fois encore, ce film se distingue par sa fin sous forme de constat d'echec.
Cela fait de ce film quelque chose de très pessimiste, mais Myiazaki a déclaré dans une interview qu'il était très inquiet et pessimiste pour l'avenir des jeunes au Japon.
Certes l'oeuvre de Myiazaki est immense et a rayonné bien au delà du Japon, fabriquant une nouvelle esthétique comparable à notre époque à ce qu'on été les estampes du Japon féodal.




dimanche 11 mai 2014

Week end de geek, les expo Marvel et Star Wars identités


Ce week end profitant de la visite d'ami(e)s de Rennes venant spécialement pour l'occasion, j'ai été voir les expos Marvel au musée des arts ludique, et star wars identités à la cité du cinéma.

L'expo Marvel




Autant le dire tout de suite, ça a été une déception...

Le cadre du musée des arts ludique est sympa en bord de seine près de Bercy, et j'y retournerais bien pour une prochaine expo correspondant mieux à mon univers.

La seule photo que vous verrez est celle là, pour une simple et bonne raison, elles sont interdites à l'intérieur :(
Oui à l'heure des téléphone portable et smartphone avec apn intégré, il y a encore des lieux ou la prise de photos est interdite.
Et ça résume assez bien cette expo.
Les photos sont interdites parce qu'il y a beaucoup de matériel venant de licenses Marvel, mais surtout orienté films récents.

Certes il y a pas mal de planches aux murs dans les première salles, mais affichées les unes à coté des autres façon papier paint. Résultat la masse de pages collées sans aération réfrène quelque peu l'envie d'aller les regarder et de les lire.
Mais les pages présentées viennent de TOUT l'univers Marvel.

En dehors de ça pas mal d'objets venant des films Marvel, et ça fait toute la différence...
Recentré sur trois principaux univers, Captain América, Thor et iron man.
Certes les arts digitaux de ces univers présentés sont beaux, mais avec les visages des acteurs jouant dans les film le doute n'est plus permis sur l'origine.
Alors me direz vous ou est le problème ?
Le problème est que cette exposition est présentée comme une expo Marvel, pas l'univers cinématographique de Marvel, donc celui qui n'a pas aimé les films mais s'attend à voir des objets et documents des comics en sera pour ses frais.
Il y a donc un peu de X men en plus des trois licenses citées plus haut, quasiment rien de Spiderman (qui appartient maintenant à Sony, ceci explique cela (merci Max pour l'info ! ^^))
Et les autres super héros de l'univers Marvel sont plus survolé qu'autre chose.

Pour être honnête, les objets présentés sont tout de même de très belle facture.
Autre gros défaut de l'exposition, les panneaux explicatif sont réduit à leur plus simple expression, le nom de l'auteur, la date, le titre du film ou du comic, point.
Pas d'explications, d'éclaircissements, de détails, rien.
Et ne comptez pas sur la boutique pour vous rattrapez, c'est, un, horriblement cher, deux, très limité en choix, et trois, pas très beau.


L'expo Star Wars Identités



Expo très bien réalisée et qui a vraiment été pensée pour être interactive.
Vous êtes équipé avant d'entrer d'un écouteur et d'un récepteur qui se déclenche dnas certaines zones  pour avoir des commentaires sur l'univers de star wars, ou la personnalité des deux principaux protagonistes suivis, Anakhin et Luke.




Le deuxième gadget est un bracelet qui permet de construire son identité, d'où le nom de cette expo, star wars identité. Au fur et à mesure vous allez déclencher des bornes interactives avec le bracelet et faire des choix, votre race, planète, style d'éducation, valeurs personnelles, expériences, classe, etc...
Jusqu'au dernier choix que je ne révélerais pas ici.




Ces choix permettront de "construire" un personnage qui est censé vous ressembler, et de vous le faire envoyer à une adresse mail.

Bémol, victime de son succès l'expo est pleine en permanence, il y a beaucoup de monde, et ça coince sur certaines bornes ou il y a beaucoup d'éléments à fournir, et pas à des endroits spécialement pratique.
      
         
      


         


                                                                                                                                   
 Autre bémol, ce centrage sur Anakhin et Luke, pourra gêner certains fans d'autres personnages centraux, ou annexe.
Cela s'explique par le fait que ces deux personnages viennent de la même planète, mais subissant des éducations et expériences différentes, leurs choix seront complètement  antagoniste, l'un rejoignant l'empereur, l'autre le combattant.
Ce qui au final est assez malin et donne de l'épaisseur au parcours interactif.
JE dois quand même dire que la matière d'objets et maquettes présentées regroupe TOUT l'univers star wars de l'épisode I à l'épisode VI.




La construction de son "héros" se fait par de classique questions que l'on a déjà vu dans des questionnaires de développement personnel, ou de psychologie, ce qui peut, comme le disait Élodie qui nous accompagnait, donner un aspect très "étude sociologique/psychologique" à cette interaction.

Ceci dit, même si le prix de cette exposition n'est pas donné (22€ sur internet), mais largement mérité, il faut admettre que de pouvoir s'approcher des costumes, maquettes, objets, accessoires, qui ont fabriquer le mythe Star Wars est unique, donne une sensation de familiarité et ne se renouvellera pas de sitôt.



Enfin, si la boutique n'est pas une cave aux trésors, elle est suffisamment fournie entre livres, artbooks, t-shirt, affiches (superbes celles de la reine Amidala, Dark Vador, Yoda, Boba Fett, entre autre), pour que chacun y trouve son compte, et à un prix raisonnable.

Un excellent souvenir...